D'où l'on vient
AKARA est née du terrain, au contact d’organisations de défense des droits humains en Afrique de l’Ouest. Ce contexte nous a appris que la sécurité ne se découpe pas en morceaux. La sécurité numérique, la protection des informations, l’intégrité physique, le bien-être des équipes, le contexte politique dans lequel on travaille, tout est lié. On ne peut la penser uniquement en termes d’outils, mais toujours en lien avec les personnes qui le font vivre. C’est ce regard d’ensemble qui fonde notre travail, avec les organisations comme avec les personnes qui nous sollicitent.
Notre constat
Le numérique a pris une place centrale dans le travail des organisations engagées. Documenter, communiquer, s’organiser, toucher de nouveaux publics. Mais dans la plupart des cas, nous l’utilisons bien plus vite que nous n’apprenons à le maîtriser. C’est ce décalage que nous observons, encore et encore.
L’adoption des outils se fait souvent dans l’urgence ou sans que la question d’un choix éclairé ne se pose vraiment. Ils s’imposent le souvent par défaut, parce qu’ils sont déjà là, gratuits, esthétiques, partout. Et la méfiance, ce réflexe de se demander ce qu’un outil fait vraiment de nos données et à qui il profite, n’est pas encore un automatisme.
L’essor de l’intelligence artificielle, et en particulier celles des IA génératives capable de créer du contenu inédit (textes, images, vidéos, code, sons) à partir de données existantes. En n’est l’exemple le plus récent. Elle s’installe dans nos usages avant même qu’on ait développé ce recul, portée par une poignée d’acteurs privés dont les intérêts ne sont pas toujours les nôtres. Elle ouvre des possibilités réelles, mais rejoue, en accéléré, les mêmes questions que le reste du numérique. Une raison de plus de les poser.
Derrière l’adoption par défaut, l’engouement médiatique, financier et technologique il y a des enjeux réels qui nous concernent tous.tes. Des données collectées, confiées sans savoir où elles vont ni ce qu’elles deviennent. Des infrastructures qui ne nous appartiennent pas et dont les règles peuvent changer du jour au lendemain. Reprendre la main dans ces conditions, ce n’est pas rejeter le numérique, c’est cesser de le subir et de s’assurer de son alignement avec nos valeurs.
Ce défi ne se vit pas de la même façon selon qui on est et ce qu’on fait. Pour une organisation qui documente des violations, la question n’est pas la même que pour une journaliste indépendante qui protège ses sources, pour une entrepreneuse qui manipule les données de ses clientes, ou pour une équipe qui cherche simplement à travailler sans se noyer. Les vulnérabilités diffèrent. Les ressources aussi. Et les personnes les plus exposées sont rarement celles qui décident des outils qu’elles utilisent.
AKARA prend tout cela en compte. Nous ne séparons pas l’outil de l’usage, ni la technique de l’humain, ni la sécurité des conditions réelles dans lesquelles vous travaillez. Vos outils, vos données, vos accès, vos contenus, vos équipes, nous regardons l’ensemble, en tenant compte de qui vous êtes et de ce que vous traversez
Penser et travailler sur le numérique depuis ici.
Les discours dominants sur le numérique, critiques comme enthousiastes, sont presque toujours produits ailleurs. La souveraineté numérique, quand elle est posée, l’est avec un horizon européen ou nord-américain. L’Afrique y figure rarement comme sujet, plus souvent comme marché ou comme bénéficiaire passive.
Nous travaillons depuis l’Afrique de l’Ouest francophone, en lien avec les organisations du continent et de la diaspora. Nous pensons et mettons en œuvre la digitalisation et la protection numérique à partir de nos contextes, nos contraintes, nos forces, nos communautés. Les enjeux propres à ce contexte, nous ne les traitons pas en annexe. Ils sont au cœur de nos accompagnements.
La question de la souveraineté numérique depuis nos contextes n’a pas de réponse toute faite, et personne ne l’a résolue. Entre la hype technologique, des agendas réglementaires qui peinent à suivre et des plateformes qui avancent leurs pions, l’espace pour construire une pensée ancrée dans nos réalités est rare et urgent.
Nous ne prétendons pas le combler à nous seule. Mais aborder ces questions depuis nos contextes, avec les personnes concernées, est déjà une position. C’est cet espace-là que nous essayons de tenir, modeste, situé et honnête sur ce qu’il ne sait pas.
AKARA est né de la conviction que le numérique peut amplifier le changement social. Pas en tant qu'outil séparé, mais comme une extension de l'action de terrain.
FATIMATA
Fondatrice AKARA
Comment on avance ensemble
Notre travail, c’est de relier des mondes qui ne se parlent pas assez et de créer les conditions pour que les bonnes décisions viennent de vous.
Notre rôle, c’est de relier des mondes qui se parlent trop peu et de créer les conditions pour que les bonnes décisions viennent de vous.
Nous avançons par phases. D’abord l’écoute, pour comprendre vos besoins, vos pratiques, ce qui existe déjà. Vient ensuite l’analyse, avec un diagnostic et des pistes concrètes. Puis la mise en œuvre, progressive, faite de formation, d’appui ou de production selon les cas. Et enfin le suivi, où l’on vérifie que ce qui a été mis en place tient, on ajuste, on documente.
L’objectif n’est pas seulement d’installer des outils ou de livrer un contenu. C’est de vous permettre de comprendre, d’utiliser et de faire évoluer ce qui a été construit, dans la durée et vers plus d’autonomie.
Ces principes guident notre approche
Sécurité holistique
Le numérique touche à l’organisation, aux données, à la sécurité, mais aussi à la santé mentale des équipes et au contexte politique. Nous prenons en compte toutes ces dimensions à la fois.
Posture de facilitation
Nous accompagnons, nous ne prescrivons pas. Notre travail consiste à créer les conditions pour que les bonnes décisions émergent de vous.
Dans l'esprit du libre
Logiciels libres et open source, partage des savoirs, transparence. Des convictions qui traversent tout notre travail.
Féminisme intersectionnel
Les oppressions se croisent, les réponses aussi. Nous pensons nos accompagnements en tenant compte des rapports de pouvoir, des inégalités d’accès et des réalités vécues.
Co-construction
Les choix d’outils, de format et de rythme se prennent avec vous. Le processus est transparent et documenté. Rien n’est imposé.
Vers l'autonomie
Nous travaillons pour que vous dépendiez le moins possible de nous. Chaque intervention est pensée pour que vous puissiez continuer par vous-mêmes, autant que possible.
Envie d'en parler ?
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